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La France teste la consigne à l’allemande pour les bouteilles et les canettes

Source: https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0600028037928-la-france-teste-la-consigne-a-lallemande-pour-les-bouteilles-et-les-canettes-2216565.php

 

Depuis juin, Cycleen installe dans des hypermarchés des consignes identifiant la marque des bouteilles et canettes déposées, à l’instar de ce qui se fait dans les pays ayant un système national de consigne. Les déchets deviennent traçables.

Coca, Volvic, ou Heineken… ? Une consigne en cours de déploiement en France depuis juin reconnaît la marque des bouteilles en plastique et des canettes déposées dans son orifice, comme dans les pays dotés d’un système national de consigne.  Ce sont les seuls à collecter plus de 90 % des bouteilles en plastique , grâce à un système fondé sur la traçabilité.

« Dans ces pays, la consigne située dans les magasins identifie la marque de la bouteille en lisant son code-barres ou, pour celles de dernière génération comme les nôtres, en scannant sa forme. Car en Allemagne par exemple, le prix de la consigne varie de 10 à 30 centimes selon la marque. L’usager le perçoit en bon d’achat du magasin, lui-même remboursé par l’industriel concerné », explique François Fabiano. Ce dernier a fondé en janvier Cycleen, qui loue (de 300 à 2.000 euros par mois) aux magasins français volontaires les consignes du leader norvégien du créneau, Tomra.

Bon ou don

« En rythme de croisière, une installation Cycleen collecte 60.000 à 80.000 bouteilles par mois (soit 2 à 3 tonnes de plastique) », indique le directeur technique, Paul Fabiano. En contrepartie, les magasins accordent aux usagers de leur consigne des bons d’achat de 2 centimes par grande bouteille (1 centime la petite). A l’hypermarché E. Leclerc d’Achères, en région parisienne, l’usager peut choisir entre bon d’achat et don à une association, selon la « consigne solidaire » évoquée par le gouvernement (qui n’envisage pour l’heure la consigne à bons d’achat qu’Outre-mer).

Bilan : depuis le démarrage d’Achères début septembre, « 15 % du montant a été versé en dons », observe Paul Fabiano. Le gouvernement devra donc peut-être revoir sa copie s’il veut doper la collecte. L’Australie, elle, n’a pas hésité : « l’usager y a le choix entre bon d’achat, don ou crédit sur son compte bancaire via PayPal », note Paul Fabiano.

 

Une bouteille sur deux collectée

Cycleen a pris le parti de remettre gratuitement les bouteilles aux collectivités locales chargées de les recycler, pour s’en faire des alliées. La société n’encaisse donc que le revenu locatif de son parc de consignes. « Depuis notre première consigne, en juin 2018 à l’hypermarché Carrefour de Châtillon-sur-Seine, nous en avons installé une dizaine, indique François Fabiano. Il y en aura 30 à la fin de 2018, essentiellement dans des Leclerc, et une centaine supplémentaires en 2019. Ces magasins seront en avance quand la consigne sera adoptée en France. Elle le sera car la France n’a pas le choix : elle ne collecte actuellement qu’une bouteille en plastique sur deux. »